Généalogie





La famille paternelle de Thyde MONNIER est originaire du Jura, de la Franche Comté, des Franches Montagnes. MONNIER était alors MOUNIER et même "MOUNIER DE MOUNAÏRE". Cette famille est "descendue", on ne sait pour quelles raisons, dans l'Ardèche, jusqu'à Beaumont. Puis elle est allée s'établir à Joyeuse. C'est dans ce village que le "u" s'est transformé en "n", à la suite d'une mauvaise transcription du patronyme par un employé de mairie.


Joyeuse - Vue générale



L'arrière grand père MONNIER de Beaumont, eut six enfants. L'aîné, Pierre, qui était le grand père de Thyde, fut d'abord paysan aux Vans, petit village, puis fabricant de tiges pour chaussures. Il épousa une fille de Rosières, autre village ardéchois, Victoire PICAL. Le couple s'installa à Joyeuse. Ils eurent 4 enfants, dont une fille morte en bas âge.
Leur premier fils Maurice MONNIER, né vers 1850, fut officier dans l'armée, tout en étant peintre, poète et sculpteur. Il eut une nombreuse famille, du côté de Rodez ou Albi.
Leur second fils, Jules MONNIER, garda la fabrique de tiges, l'atelier, la boutique, la maison natale, les terres de "Fumades" et de "Plan-Bernard".
Leur troisième fils, Marius Joseph MONNIER, le père de Thyde, naquit dix ans après, en 1860. Sa mère étant tombée malade, il fut élevé sur les hauts plateaux du Vivarais par son oncle maternel, PICAL, garde champêtre à Brujas. "Il grandit dans la solitude tragique de ce farouche paysage qui contribua sans doute, avec l'entêtement connu du caractère ardéchois, à en faire un homme dur".





Joyeuse - dans le centre de la ville Le père de Thyde était en effet très dur, "réfléchi, coléreux, brutal et assez grossier". Poète à sa façon sous une rudesse paysanne, il méprisait le relâchement et la lâcheté. Venu s'établir à Marseille, il y exerça divers petits métiers : quincailler, homme d'équipe aux chemins de fer, employé au bazar Figaro sur la Canebière. Il devint ensuite, avec sa femme, marchand de corsets . Il créa "la Verrerie ouvrière" et la fit prospérer. Il s'occupa ensuite de sa Banque, place de la Bourse. Puis de location et de transport de pianos.
Il fut Vénérable de Loge en Franc maçonnerie, Vice Président de la Société des Commerçants et Magasiniers de Marseille,Trésorier du Syndicat d'initiative....


Il aimait fréquenter biquotidiennement ses cafés attitrés et jouer au jacquet et à la manille, bien qu'il n'aîmat pas les jeux d'argent. Il avait pour l'automobile une passion excessive. Il posséda l'une des premières de Marseille, le numéro trois des usines ROCHET SCHNEIDER. Elle était considérée comme un membre de la famille. De nombreux voyages furent entrepris à son bord. Elle finit en activant une dynamo dans la fabrique de pâtes d'Emile, le frère de Thyde.



Il était très ouvertement athée, parlait souvent d'Emile Zola, d'Auguste Comte, de Renan. Il avait aussi une grande admiration pour Victor Hugo et tout ce qui touchait à la Commune. Epris d' idées libérales, il était aussi très patriote, ayant passé son enfance dans l'obsession de cette Alsace-Lorraine arrachée à la France par l'Allemagne. Révolutionnaire dans sa jeunesse, il devint plus tard conservateur. Il concevait de façon très bourgeoise et étriquée le rôle de la femme dans la famille. Il était très sévère avec ses enfants, les battait souvent, ce qui ne l'empêchait pas de prendre ses libertés au dehors : il aurait eu des maîtresses et des enfants illégitimes.

Il mourut de la tuberculose à l'âge de 67 ans. Tout d'abord soigné à l'Hôpital de la Tronche, près de Grenoble, il y fut très mal traité. Sa famille le fit alors transférer au sanatorium du Mont-Duplan, à Nîmes, où il décéda huit jours après son arrivée. Il fut incinéré à Marseille.
Il laissa un million de francs 1926, à partager entre ses quatre enfants, ce qui représente environ cinq millions de francs actuels et bien davantage à pouvoir d'achat équivalent.





ValensoleLa branche maternelle de Thyde Monnier est originaire de Valensole, village situé au coeur d'un magnifique plateau de lavandes et d'amandiers, et qui porte bien son nom : Valensole vient de vallis et solis, "La Vallée du Soleil".
Sa grand mère Victorine GUIBAUD fut mariée de force avec Ambroise BUC, employé d'octroi pyrénéen venu de Tarbes. Ils eurent quatre enfants, François, Joseph, Anna et Anastasia, qui fut la mère de Thyde Monnier. Victorine devint pantalonnière, puis ayant liquidé son atelier, elle fut lingère à domicile. Mari volage, Ambroise BUC abandonna sa famille. (Il connut une fin tragique en se jetant par la fenêtre d'une maison de la Rue St Pierre, à Marseille). Les filles furent confiées au Couvent de La Compassion, à Saint Barnabé, à Marseille, et les deux garçons portèrent l'uniforme en velours bleu des "Enfants de l'Etoile", institution qui se consacrait à l'assistance des orphelins et des enfants pauvres de la ville.
Joseph BUC devint employé de banque ; François BUC, graveur sur cuivre, mourut de la tuberculose après avoir donné à sa femme deux enfants : Juliette et Lucien BUC.

Parmi les ancêtres maternels de Thyde Monnier se trouvent de nombreux maîtres-maçons, "architectes", maîtres-charpentiers, lassetiers, bâtiers, chamailleurs, boulangers, cordonniers.

La mère de Thyde Monnier, Anastasia, conserva toute sa vie l'humiliation d'avoir été élevée par la charité publique. C'est sans doute pour cette raison qu'elle devint si âpre au gain et si attachée à l'argent.
Elle était très courageuse et ne rechignait pas au labeur. Elle entra comme apprentie au "Corset de satin" et fut vite une très bonne ouvrière. Sa rencontre, puis son mariage avec Marius MONNIER, lui permirent de s'installer à son compte, rue Fontange, tout en habitant rue Reynier. Puis elle créa, en 1886, au Numero 36, rue de Rome, la voie la plus commerçante de Marseille, le commerce de corsets, à l'enseigne du "Bonheur des Dames", qui prospéra et enrichit grandement la famille, laquelle occupait un appartement à la même adresse.
La vitrine du magasin était ornée de corsets, soutiens gorges, jupons et autres parures féminines.

La fabrique de corsets, ses deux succursales à Marseille et à Toulon, ses ouvrières, ses voyageuses, furent cédées en gérance à une parente, en 1911, quand les Monnier furent certains que Thyde ne voudrait pas s'en occuper. Les parents Monnier s'en allèrent alors habiter rue Sainte Barbe, puis rue Dragon dans une maison froide et austère.

L'univers de madame Monnier mère, contrairement aux multiples occupations de son mari, se limitait à son magasin, ses ouvrières, ses bonnes, sa clientèle de bourgeoises et de cocottes, ses campagnes. Elle faisait des journées d'ouvrière. Plaire à sa clientèle et l'accroître fut la plus constante préoccupation de sa vie et son plus grand plaisir. Elle n'était pas faite pour élever des enfants, mais pour régner au centre d'un commerce, commander à ses travailleuses, dont elle était la plus acharnée.






Ce n'était pas une mère tendre. Mais, toujours en train de chantonner, vive, pleine d'allant, d'un caractère charmant et gai, elle parvenait à faire oublier ses défauts. Elle avait une énergie à toute épreuve, une très grande facilité d'adaptation à toutes les situations. Sa vitalité était considérable. Elle mit au monde cinq enfants ( Victor - Emile - Mathilde - Jean (mort né) - Marcelle, dite Jeannette puis Janou) ; elle vendit des corsets de 8 h du matin à 20 h le soir, les cousant entre temps, sans manquer d'aller au café trois fois par semaine avec son mari, ni d'entretenir le jardin le jeudi et le dimanche à sa campagne, et voyageant beaucoup en auto ou en chemin de fer.
Cependant Thyde Monnier l'aimait beaucoup moins que son père, car elle était extrèmement avare, avec très peu de coeur et de sensibilité. Ce qui comptait le plus pour elle était de gagner de l'argent. Elle ignorait les choses de l'esprit. Elle vécut jusqu'à soixante-deux ans dans une activité et une joie continuelle. La maladie, une parapneumonie, mit deux ans à la détruire. Elle mourut rue Dragon, à Marseille, le dernier domicile du couple.


Voici, pour les généalogistes amateurs, quelques notes, selon le classement numérique " Stradonitz". Ceci, bien sûr, demande à être complété.

1- MONNIER Mathilde -Anna Rosa ° 23/06/1887 Marseille + 18/01/1967 Nice
2- MONNIER Marius Joseph ° 1860
3- BUC Anaïs Rose
4- MONNIER Pierre (paysan aux Vans - fabriquant de tiges pour chaussures)
5- PICAL Victoire (du village de Rosières)
6- BUC Ambroise (employé d'octroi pyrénéen) ° Tarbes + se suicide en se jetant d'une fenêtre à Marseille
7- GUIBAUD Victorine (pantalonière, lingère à domicile) ° Valensole
8- MONNIER (du village de Beaumont)
14- GUIBAUD
15- GLEIZE Marie-Anna Magdeleine (épicière) ° 05/04/1813 19h Valensole
28- GUIBAUD Mayeul Valentin ° 1782 Valensole
30- GLEIZE Pierre Mayeul (cordonnier) ° 7/03/1782 Valensole x 12/01/1808 Valensole
31- AILLAUD Magdeleine Chrétienne ° 30/09/1790 Valensole x 12/01/1808 Valensole
56- GUIBAUD Jacques (cordonnier) (de Valensole)
57- SECOND Jeanne (de Valensole)
60- GLEIZE Gaspard (maître maçon) (de Valensole)
61- LAURENS Marie Anne (de Valensole)
122- LAURENS Pierre Honoré
123- ISNARD Elisabeth