La Bonne Etoile





Cette comédie dramatique a été tournéé en septembre - octobre 1942 à Carry le Rouet. Thyde Monnier en a écrit les dialogues.

Réalisateur: Jean BOYER
Scénario: Jean MANSE
Adaptation: Jacques CHABANNES
Dialogues: Thyde MONNIER
Musique: Roger DUMAS
Images: Paul COTERET
Montage: Mireille BESSETTE
Décors: Robert DUMESNIL
Production: Optimax Films
Directeur de prod.: Jean JEANNIN
Son: Marcel ROYNE, AUFROY
Procédé: Noir et Blanc
Genre: Comédie dramatique
Durée: 1h 30
Sortie: 24 mars 1943, à Paris



Interprétation: FERNANDEL (Auguste "Guste"), Janine DARCEY (Mireille), ANDREX (Maurice Carissol), Edouard DELMONT (Baptistin), Julien CARETTE (le "Parisien"), CLAIRETTE (Zize), Marguerite CHABERT (la marchande de poissons), René GENIN (le curé Agnel), Henri ARIUS (Pitavin), Charles BLAVETTE (un pêcheur), Ginette BERGER (Lydia), Alice ROSIELLE (Pompon), Maurice SALABERT (le portier), Frédéric MARIOTTI (le patron du bar), Gérard BOYER (Bicou), Yvonne MICHELS, etc.

Dans un petit port de pêche de la Méditerranée, Guste est un pauvre pêcheur, un peu simplet, vivant difficilement de son labeur. Il est amoureux et admire Mireille, la nièce de Baptistin, mais celle-ci ne regarde que Maurice, fils d'un important mareyeur de Marseille, que les scrupules n'étouffent pas. Séduite et abandonnée, Mireille émeut Auguste qui essaie de raccommoder son pauvre bonheur. Finalement, le curé du pays, par de sages paroles, amène Mireille à offrir sa main à Auguste.

Critiques:

"Fernandel est un acteur assez étonnant. Il possède un talent naturel un peu comparable à celui de certains Noirs qui n'ont point d'effort à faire pour composer tel ou tel personnage, mais qui deviennent ces personnages mêmes, avec une sincérité constante."
Georges BLOND, La Gerbe, 8 avril 1943.

"L'ouvrage qu'on nous offre aujourd'hui, La bonne étoile est le plus mauvais Fernandel qu'il nous ait été donné de voir."
Rocheteix, La Révolution nationale.

"Fernandel parvient de temps à autre à nous faire sourire par son bagout, ses trouvailles, ses grimaces naturelles. Mais, qu'est-ce que ces fugitives saillies auprès de l'hilarité que pourrait déchaîner Fernandel, l'un des premiers acteurs comiques de France et de très loin le plus mal employé?"
François Vinneuil, Le petit parisien.

"Comme une variation amusante de l'histoire de Cyrano De Bergerac, le film La Bonne étoile est dirigé brillamment. Pourtant modérément reluisante, cette comédie romantique est vraiment typique du cinéma français populaire au début des années 40. Fernandel apporte autant intensité que d'humour au film, qui, en dépit d'avoir un certain charme naïf, est légèrement troublé par des acteurs ternes et un manuscrit joli mais médiocre. L'intérêt de Jean Boyer pour les films de genre musical est largement apparent dans quelques scènes, bien que l'épanouissement artistique souligne simplement le sens de l'ennui dans le reste du film, qui est entaché par les personnages peu profonds, invraisemblable et largement réfutables."
Traduit de la critique de James Travers © 2001 (filmsdefrance.com).

Anecdotes:

[...] Sitôt Simplet mis en boîte, Fernandel est retourné à Cassis où, sur un autre scénario de Jean Manse et des dialogues de Thyde Monnier, il a tourné La Bonne étoile de Jean Boyer. Ce contrat a été arraché à Fernandel de bien cocasse manière. Pour convaincre la vedette, Jean Boyer et son acolyte Jacques Chabannes ont décidé de filmer dans les environs de Marseille; dans l'intervalle, Fernandel s'apprête à signer un autre contrat, bien compromettant. "Bunke, l'imprésario de Fernandel, m'apprit qu'il était en pourparlers avec les Allemands pour une superproduction, raconte Chabannes. Il ne s'agissait plus de nos médiocres pourcentages, mais d'un énorme cachet! Le budget de la Continental Film semblait illimité quand il s'agissait de prouver que les Français les plus fameux entraient dans la "collaboration". Je fis un saut à Nice où s'achevait La vie de chien. Je trouvai le studio en émoi: à l'émission de Londres, "les Français parlent au Français", hier, entre deux messages codés, le journaliste de service avait dit d'une voix grave: "Nous apprenons, en dernière heure, que les Allemands font tout pour attirer à Paris des vedettes et encore des vedettes vivant dans la zone libre. Des pourparlers seraient entamés avec Fernandel. Que celui-ci se méfie. Après la victoire, il devra rendre des comptes." Je constatait que mes relations avec la radio de Londres étaient efficaces, grâce au consul américain de Marseille. En effet, c'était moi qui avais alerté ce diplomate, lequel avait transmis l'information à Londres. Je n'ai jamais raconté cette histoire à Fernandel. Épouvanté, il signa le contrat de La Bonne étoile. Jamais il ne tourna pour les Allemands."
Ce sera donc l'histoire de Guste, un brave pêcheur, qui par de fausses lettres, fait renaître l'amour entre le volage Maurice (Andrex), et sa bien-aimée. La critique remarque aussitôt l'évident plagiat d'Angèle et de la Fille du puisatier. La divine présence des admirables Carette, Delmont et Blavette n'évite pas l'hallali [...]
Jean-Jacques JELOT-BLANC, Fernandel l'accent du soleil, 1991.
Tourné en zone libre.